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Discours du ministre de la Défense sur le terrorisme
Le Drian © Defgouv

Discours du ministre de la Défense sur le terrorisme

Nous assistons en effet au renforcement de menaces existantes et à l’apparition de nouvelles formes de menaces. Nos projets sur l’Europe se trouvent mis en doute, voire très ébranlés. Le respect du droit international dans certaines de ses expressions les plus universelles est bafoué, comme l’attestent l’emploi d’armes chimiques en Syrie, en toute impunité jusqu’à présent, dont rend compte le groupe d’enquête conjoint des Nations-Unies, ou l’annexion de facto de territoires.

Après de nombreux développements dans le domaine du maintien de la paix, dont les enseignements demeurent importants pour le métier des armes en particulier, ce sont les missions de combat, mais aussi de prévention, protection et dissuasion qui occupent de nouveau le devant de la scène.

Ces évolutions nous imposent des adaptations majeures dont je veux maintenant préciser l’actualité et les contours. 

- Le contre-terrorisme

La France déploie aujourd’hui en permanence plus de 30 000 hommes en opérations extérieures et intérieures. Nous combattons Daech au Levant, et nous soutenons le Gouvernement d’Entente Nationale contre cette organisation terroriste en Libye ; nous luttons au Sahel contre AQMI, et nous assistons les pays du bassin du lac Tchad contre Boko Haram. Nos unités militaires ont quitté l’Afghanistan, mais nous maintenons une vigilance par le renseignement et les actions de coopération dans cette partie de l’Asie, qui demeure un foyer majeur pour Al-Qaïda et une terre de conquête pour Daech.

Cet engagement porte ses fruits. Au Levant, Daech recule sur tous les fronts, sous la pression des forces locales appuyées  par la coalition internationale. Avec l’opération Chammal, la France est l’un de ses principaux contributeurs. Dans cette reconquête, nous avons décidé d’épauler davantage les forces irakiennes cet automne, avec pour objectif la prise de Mossoul, la capitale irakienne du califat autoproclamé. En ce moment même, des pièces d’artillerie s’installent à proximité de la ligne de front, pour fournir un appui précis aux Irakiens, et notre groupe aéronaval s’apprête à appareiller : il renforcera significativement nos capacités de frappe, d’observation et de renseignement dans la région déjà mise en œuvre par notre armée de l’air depuis près de deux ans avec désormais une flotte exclusivement composée de Rafales.

Au Sahel, la force Barkhane, épaulée par la mission des Nations Unies, la MINUSMA, et la mission EUTM de l’Union européenne, maintient les groupes terroristes d’Al-Qaïda en échec, afin de prévenir la reconstitution de leurs repaires. Elle vient en appui de l’indispensable mise en œuvre des accords d’Alger. Nous poursuivrons nos efforts nos efforts en ce sens, tant sur le plan militaire que politique et économique.

L’engagement des armées dans le contre-terrorisme, sur les théâtres extérieurs comme sur notre territoire, est donc un fait majeur de notre histoire militaire. Nous devons encore en tirer toutes les conséquences en termes de doctrine, de capacités, de formation. Il en va de même pour nos services de renseignement : l’ampleur et l’urgence de la tâche les confrontent à un formidable défi, qui affecte de surcroît le périmètre de leurs activités respectives, et sollicite leurs capacités techniques et humaines à un niveau inédit.

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