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Interview de Gwendal Rouillard sur le budget défense 2015
Gwendal ROuillard accompagnant le ministre de la Défense. © R. Pelegrino

Interview de Gwendal Rouillard sur le budget défense 2015

Alors que la la Loi de finances est actuellement débattue au Parlement et sera bientôt votée, la défense bénéficie d'une hausse de ses crédits, soit 3,8 Milliards sur la période 2014-2019 tandis que les hypothétiques Ressources exceptionelles ont été transformées en crédits budgétaires. 

Retour sur ces questions avec Gwendal Rouillard, Député de Lorient et secrétaire de la Commission de la Défense Nationale et des Forces armées de l'Assemblée Nationale. 

Le projet de loi de finances pour la défense est actuellement en examen. Que faut-il en retenir ?

Ce projet de loi de finances 2016 est la traduction de l’actualisation de la Loi de programmation militaire (LPM), qui acte l’augmentation de l’effort de défense telle que décidée par le président de la République. La France se devait d’augmenter son budget de la défense, qui atteint 32 Md€, pour plusieurs raisons : répondre aux besoins opérationnels de nos armées engagées sur les différents théâtres d’opérations ; soutenir nos industriels et leur permettre de pérenniser les compétences et les savoir-faire ;répondre, enfin, aux objectifs fixés par les chefs d’État à Newport, lors du dernier sommet de l’Otan, c’est-à-dire porter l’effort de défense à 2 % du PIB d’ici à 2020. Je constate d’ailleurs qu’une douzaine de pays européens ont augmenté leur effort de défense depuis cette rencontre, en septembre 2014. Cette inversion de tendance est un signe très positif donné à nos armées par François Hollande et Jean-Yves Le Drian. Il s’agit d’enclencher un cercle vertueux de remontée en puissance, pour les effectifs comme pour les matériels. Je souhaite que cette dynamique puisse désormais s’inscrire sur le long terme.

Les ressources exceptionnelles ont été transformées en crédits budgétaires, sur décision du président. Pourtant, à ce jour, Bercy semble rechigner à les libérer. Y a-t-il un risque ?

Le budget de la défense fait l’objet d’une attention quotidienne de la part du ministre et des parlementaires. Pour preuve, nos visites régulières au ministère des Finances afin de juger sur pièces du bon respect des engagements pris. Nous restons très vigilants. Les engagements pris par le président de la République doivent être respectés. Pour avoir parcouru l’ensemble des théâtres d’opérations, ces derniers mois, je peux témoigner que le renouvellement de nos matériels est indispensable à nos armées. Il s’agit de gagner toujours en efficacité opérationnelle. Notre objectif, c’est de bâtir la meilleure armée au monde grâce à nos personnels et à nos matériels.

L’export est également un enjeu important…

C’est l’une des clés de la LPM. Le ministère acquiert 4 Rafale par an, au lieu des 11 nécessaires à Dassault pour maintenir ses capacités de production. Ce choix contraint permet de dégager des ressources qui servent à financer d’autres équipements. Grâce aux récents succès à l’export, Dassault a décidé d’augmenter ses cadences de production de Rafale à l’horizon de 3 ans. Cette décision, que je salue, se traduira par des recrutements. Grâce à cette dynamique, «l’équipe France » doit continuer à convaincre ses partenaires d’acheter « français ».

Les armées sont sous tension. Les moyens sont-ils suffisants pour qu’elles préparent aussi l’avenir ?

La trajectoire de la LPM permet également la préparation de l’avenir. Les crédits des études amont atteignent 730 M€ par an. C’est évidemment fondamental pour permettre à notre industrie de défense de rester performante dans la durée. Nous raisonnons de moins en moins en « plateformes », mais de plus en plus en «systèmes de systèmes» de combat. Pour le futur, nos avions devront être connectés aux blindés, aux navires et, bien évidemment, aux drones. Nous nous sommes pleinement engagés pour les matériels du futur et, en même temps, nous répondons aux urgences opérationnelles. Nous le devons à nos armées, qui incarnent magnifiquement notre fierté nationale.

Propos receuillis par Guillaume Belan, interview paru dans Air & Cosmos

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