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L'urgence de la mobilisation
Le Drian à l'Université d'été de la Défense qui s'est tenu à Strasbourg du 14 au 15 septembre. © DICOD

L'urgence de la mobilisation

Le souffle de l'Esprit de défense impulsé par la baisse initiale du budget de la LPM n'a pas faibli à Strasbourg, lors de cette 13e Université d'été organisée par les commissions parlementaires. Le constat grave que la montée, en apparence "inexorable" des menaces terroristes, fragilise les équilibres mondiaux, avec bien sûr l'ombre de Daech, bouscule presque tous nos modèles d'organisation et nos stratégies.


Cette nouvelle guerre totale, violente et médiatique, qui frappe par le glaive et l'image jusqu'au coeur de nos cités provoque avec autant de violence nos "diplomaties morales" et les rend plus hésitantes et démunies. Une diplomatie morale qui doit faire place à une diplomatie réaliste, qui s'inscrit dans le long terme, et qu'il est plus délicat de faire passer face à des opinions "compassionnelles".

Et comme le souligne le général Pierre de Villiers, la difficulté réside dans cet antagonisme grandissant entre le "temps court" de nos sociétés de l'information instantanée et continue, et le "temps long de la résolution en profondeur des crises, et de la reconstruction de la paix".
Des enjeux parfaitement compris par la communauté de défense présent, forte de patrons d'industries, de chefs militaires et de hauts responsables politiques qui doivent s'aligner plus que jamais sur l'Esprit de défense commandé par les circonstances.

Une mobilisation qui a déjà convaincu de la nécessité d'une rallonge budgétaire de plus de 3,3 Md€ de l'actualisation de 2015 de la LPM, mais qui ne serait cacher la très forte tension qui demeure encore sur les moyens armées.

Mais dans ces circonstances qualifiées d'"extrême gravité" par l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, Patricia Adam, présidente de la commission de la Défense de l'Assemblée nationale, affirme que l'Europe doit graver dans son pacte de stabilité l'objectif Otan de consacrer 2% de son PIB à sa défense.

Car il n'y aura jamais d'Europe de la défense sans une "appétence" commune, des efforts "financiers" mieux répartis et, surtout, "une volonté et du courage politiques".
C'est l'urgence de la mission confiée à Michel Barnier par Jean-Claude Juncker.

 

Editorial d'Hubert de Caslou, paru dans Air&Comos n°2468 du 18 septembre 2015

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