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Libye: L'appel à la communauté internationale
Un convoi de Daech aurait été pris pour cible dimanche © DR

Libye: L'appel à la communauté internationale

Mardi 2 mars, lors d'une conférence de presse organisée par l'AJD (association des journalistes de Défense), l'ambassadeur libyen en France, Alshiabani Abuhamoud, a interpellé la communauté internationale sur la situation lybienne. « On a laissé la situation se dégrader depuis 2011 », mais pire « aujourd'hui il n'y a pas de stratégie internationale pour aider la Libye ».

 

Urgence

« Nous sommes dans l'urgence depuis 5 ans !», s'alarme l'ambassadeur libyen. Le retrait des puissances occidentales « a crée un vide en Libye, rempli par les pays régionaux qui sont en conflit », accusation à peine voilée dirigée contre les Etat sunnites du Golfe. Or « La présence internationale était une garantie », précise Alshiabani Abuhamoud. Aujourd'hui les puissances régionales s'affrontent en Libye, dont certaines accusées de soutenir l'Etat Islamique, et fournissent des armes aux milices. « Il faut arrêter les proxy war », martèle l'ambassadeur.

Outre leur replis, l'ambassadeur accuse une manière de faire de la part des puissances occidentales. Exemple : on ne doit pas se focaliser sur les élections. Il faut « se concentrer sur un projet de création de pouvoir », rappelant que les libyens n'ont pas la culture des institutions et des élections. « On dit d'organiser des élections pour changer le pouvoir mais il faut d'abord créer les conditions du pouvoir pour ensuite aller aux urnes ».

 

 

Un problème régional

« Certains pays de la région ont-ils intérêt à soutenir Daech en Libye » s'interroge malicieusement le diplomate, pour qui, la solution de la stabilisation du pays ne peux passer que par une approche régionale.

Certains acteurs internationaux plaident actuellement pour associer les milices islamiques dans la lutte contre Daech. Or ce sont ces mêmes groupes qui ont permis à l'Etat Islamique d'entrer sur le territoire libyen, explique l'ambassadeur libyen. Quelle serait l'intérêt de reprendre les villes aux mains de groupe terroriste pour qu'elles tombent dans celles de ces milices ?

L'ambassadeur libyen appelle la communauté internationale à agir. « Il faut faire pression » pour affaiblir les milices, appelant à une prise de décision « pour les rendre illégales » et leur couper financement et armement. Sans cela, de nouveaux groupes terroristes pourraient voir le jour, potentiellement plus dangereux que l'Etat Islamique. Il rappelle la nécessité de « se battre contre les racines des groupes terroristes ».

 

L'armée nationale libyenne

« Pour créer une armée il faut 20 ans », déclare réaliste le diplomate libyen, or « on ne peut pas attendre. L'embryon d'armée nationale libyenne menée par le général Khalifa Haftar se compose à l'heure actuelle de seulement 5 000 hommes et de faibles moyens. Le nombre d'officier n'ayant cessé de diminuer depuis 2011, souvent assassinés. L'armée nationale libyenne, parfois décriée, serait-elle une solution ? « Il faut se reposer sur ce qui existe aujourd'hui » précise le diplomate «Nous n'avons pas le luxe du choix ».

 

Embargo

« Que fait la communauté internationale pour faire respecter l'embargo sur les armes ? » interpelle l'ambassadeur. Car le constat est sans appel, le diplomate estime aujourd'hui à 20 millions le nombre d'armes en circulation au sein du pays, chiffre qui ne cesse d'augmenter. « Depuis 2011, il n'y aucun projet pour stopper la prolifération des armes », déclare Alshiabani Abuhamoud. Or, comme le rappelle l'ambassadeur libyen, la communauté internationale dispose d'outils pour faire respecter l'embargo et pourrait s'appuyer sur les résolutions onusiennes.

 

 

Après ?

Interrogé sur la possibilité de frappes aériennes occidentale, la réponse est sans appel « nécessaires mais insuffisantes ».

Les forces spéciales françaises sont-elles à pieds d'oeuvre en Lybie ? « Tout le monde a envoyé des experts sur place » répond vaguement le diplomate.

Stabilisation régionale et pressions sur les pays de la zone, le diplomate parle aussi de travailler sur projet constructif pour le pays, « la Libye a besoin de moyens pour combattre Daech, […] les libyens seuls ne pourront pas  ».

 

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