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Nouvelle stratégie pour l'OTAN
Barack Obama face à Donald Tusk, Jean-Claude Juncker et Federica Mogherini lors d'une rencontre avant le début du sommet de l'Otan le 8 juillet 2016 à Varsovie © AFP

Nouvelle stratégie pour l'OTAN

 Les 8 et 9 juillet en Pologne, s'est tenu sur fond de Brexit, le sommet de Varsovie pour les 28 membres de l'Alliance Atlantique.

Une rencontre dans un climat de tension qui imposait distance et précautions dans les déclarations. Il en est ressorti une nouvelle stratégie globale pour l'Alliance Atlantique Nord, avec trois thèmes majeurs comme centres des réflexions : la sécurisation de l'Europe de l'Est ; la cyberdéfense ; et la révision de stratégie maritime de l'Alliance (la dernière datée de 2011).

Pour le continent européen, première raison d'existence de l'OTAN, il a été décidé un renforcement de la présence militaire à l'Est de l'Europe afin de rassurer les partenaires situés à proximité de la Russie. En effet, si la menace russe n'a pas été directement énoncée, les pays membres ont souhaité collectivement marqué de leurs sceaux leur solidarité à l'égard de la Pologne et des Etats baltes, voisins directs de la Fédération de Russie. Ceux-ci ont émis une certaine appréhension dégénérée en crainte, à l'égard des événements se déroulant en Ukraine et antérieurement en Crimée. Ainsi a été décrété le déploiement de 4000 militaires par rotation dans les trois pays baltes et en Pologne (la France sera concernée, puisqu'elle devra fournir une compagnie de 150 hommes en Estonie (2017) et en Lituanie (2018)). Le secrétaire général de l'OTAN Jeans Stoltenberg a dans le même temps plaidé pour « un dialogue constructif » avec la Russie, rappelant qu'aucunes menaces directes n'avaient été formulées à l'égard d'un membre de l'Alliance.

Sur le plan de la cyberdéfense, le Sommet de Varsovie a validé une décision proposée par la France, qui vise à accélérer les efforts des nations pour se protéger mutuellement contre les attaques informatiques. L'Estonie qui est l'Etat en pointe dans le domaine (elle avait subi une attaque massive en 2007, entrainant une « révolution nationale » de cybersécurité avec l'installation de cybercentres et moyens de défense d'excellence), n'a pu qu'approuver la prise de position française, puisque l'Etat balte craignait une nouvelle attaque massive de liquidation.

Enfin, l'Alliance s'est penchée sur sa stratégie navale. Une décision majeure a été notifiée : l'arrêt pour la fin 2016 de l'opération Ocean Shield de lutte contre la piraterie au large de la Somalie. Opération qui avait été lancée en 2007. Un arrêt qui reste néanmoins à relativiser, car un retour de la piraterie dans la zone maritime somalienne, reste envisager par les membres. Mais à l'heure actuelle, c'est dans le Golfe de Guinée que les pirates fourmillent. En Méditerranée, la mission Sea Guardian prendra la relève de l'opération antiterroriste lancée en 2001 dans la foulée des événements du 11 septembre. Elle vise à surveiller, renseigner et informer sur la situation maritime de la Méditerranée. Le dernier point de la nouvelle stratégie maritime de l'OTAN est l'appui logistique à l'opération Sophia menée par les puissances européennes.

 

Visées maritimes, leçons économiques, menaces russes, revue de la politique de cyberdéfense... le sommet de Varsovie aura été le centre de gravité des futurs caractères de la nouvelle stratégie de l'OTAN. Un nouveau chapitre pour l'histoire de l'Alliance, dans une ère qui voit pour la première fois depuis deux décennies, le budget moyen de l'Alliance prendre de la hauteur... Quant au Brexit, rien de nouveau...

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